Brouk, mon bidou,
Hier soir c’était encore toi et moi contre le monde. Toi face au vétérinaire et moi face à l’impensable.
Tu as toujours été là pour moi comme j’ai toujours été là pour toi. Ces 6 dernières années, je les ai faites autour et par rapport à toi. Tu étais mon « gamin ». Tu m’as toujours été fidèle et tu as su me rendre, peut-être deux fois plus, l’amour que j’ai pour toi. Toi et moi égale un.
Je veux que tu saches que j’ai pris cette décision avant tout pour toi. Tu ne montrais rien mais je te connaissais mieux que personne. Je pouvais voir que tu commençais à avoir mal sans ton traitement que tu ne supportais plus. Ton humeur était changeante. Parfois, tu étais toi et parfois tu étais un autre. Je pouvais te garder encore un peu auprès de moi, mais la solution était de te mettre sous morphine. Tu aurais été différent, tu n’aurais plus jamais été TOI. Cela aurait été de l’égoïsme de ma part. Alors j’ai pris la décision de te dire Adieu.
Je te tenais dans mes bras quand il t’a endormi. Avant que ça n’agisse, tu m’as regardé comme pour me dire « qu’est-ce qui se passe ? ». Je me suis penchée vers toi pour te dire à l’oreille « Je t’aime Brouk » et ensuite je t’ai murmuré et demandé pardon entre deux sanglots. Ne m’en veux pas, je l’ai fait pour toi. Tu avais mal Brouk et je t’aime trop pour te voir souffrir.
Je ne pouvais pas rester auprès de toi pour la dernière injection, c’était au dessus de mes forces. Tu ne t’en es pas rendu compte car tu étais déjà inconscient. Je ne pouvais pas te regarder arrêter de respirer et ton cœur de battre. Tu étais allongé sur le sol et je me suis assise à tes côtés. Je t’ai gratté derrière l’oreille comme tu aimais que je te le fasse. Je t’ai encore demandé de m’excuser. Comme je le faisais souvent, je t’ai embrassé le dessus de la tête pour la dernière fois. Et je t’ai dit au revoir avant de partir sans te tourner le dos.
Seule au volant de ma voiture, j’ai serré fort contre moi ton collier, que je t’ai vu porter pendant si longtemps et je me suis effondrée. Dans le retro, tu n’étais plus là alors qu’une heure avant tu me cachais la lunette arrière. Comment est-ce possible ? Il s’est à peine écoulé une heure.
Hier, on reprenait nos marques pour une nouvelle vie aujourd’hui j’affronte cette vie seule et sans toi c’est dur ! Tu me manques terriblement. Tu étais mon soutien et la raison de me battre. Maintenant quand je ferme les yeux, je vois le regard que tu m’as lancé avant de t’endormir. Je ne pourrais jamais oublier tes yeux. Tout le monde disait que tu me regardais amoureusement et c’est ce même regard que tu as eu envers moi juste avant de les fermer pour toujours.
Au revoir Brouk
Je t’aime et tu me manques.
Ta maîtresse.
Brouk nous a quitté le 14 novembre 2011 à 18h30.